Un espoir pour la maternitĂ©

L'optimisme est de mise suite aux recherches menĂ©es notamment par le cabinet spĂ©cialisĂ© mandatĂ© par la ville d'Oloron Sainte-Marie pour trouver les professionnels prĂȘts Ă  sauver la maternitĂ© du territoire.

Le point au 31 août 2017 : 

Lors de sa conférence de presse de rentrée tenue hier (mercredi 30 août 2017), le maire a exprimé son optimisme quant au maintien de la maternité à Oloron Sainte-Marie.

Rappelons qu’avant l’Ă©tĂ©, la direction de l’HĂŽpital avait annoncĂ© la transformation de cette maternitĂ© en simple Centre de pĂ©rinatalitĂ©. Le maire avait alors rencontrĂ© le directeur de l’Agence RĂ©gionale de SantĂ© (ARS) qui lui avait assurĂ© qu’il souhaitait maintenir la maternitĂ© - qui reprĂ©sente un potentiel de 700 naissances annuelles contre les 200 pratiquĂ©es actuellement – mais sous la condition de trouver 5 gynĂ©cologues et 5 pĂ©diatres en 3 mois.

Une mission impossible Ă  laquelle se sont pourtant attelĂ©s le maire HervĂ© LucbĂ©reilh, le dĂ©putĂ© Jean Lassalle et le Collectif SantĂ© reprĂ©sentĂ© par Robert Bareille. Un cabinet de “chasseur de tĂȘtes” recrutĂ© par la Ville, ainsi que des recherches menĂ©es par les Ă©lus, ont permis de rencontrer des professionnels intĂ©ressĂ©s pour s’installer Ă  Oloron Sainte-Marie.

Entretemps, l’HĂŽpital de Pau et l’ARS ont admis que 3 gynĂ©cologues et 3 pĂ©diatres suffiraient Ă  garder un service de qualitĂ© et en toute sĂ©curitĂ© dans la capitale du Haut-BĂ©arn.

Le bilan au 30 août fait état de 2 obstétriciens et 2 pédiatres avec qui il est possible de conclure un accord.

« Nous, les Ă©lus, avons fait plus que notre boulot », indiquait hier HervĂ© LucbĂ©reilh. Ils attendent dĂ©sormais l’annonce du maintien de la maternitĂ©, condition indispensable pour que les professionnels intĂ©ressĂ©s confirment leur candidature. « La dĂ©cision Ă©tait technique, elle devient politique », prĂ©cise le maire.

En attendant, une réunion aura lieu le 5 septembre, prélude à une manifestation populaire le samedi 30 septembre ; le maire a également demandé à Jean Lassalle de solliciter un rendez-vous au MinistÚre de la Santé.

L'historique depuis le début de l'été :

Avec un seul mĂ©decin gynĂ©cologue et seulement 200 accouchements par an dans notre ville, la maternitĂ© est en danger. Or, ce chiffre ne reprĂ©sente que 30% du potentiel car on constate 70% d’Ă©vasion vers Pau ou Saint-Palais. Le chiffre rĂ©el des naissances issues du territoire se situe entre 600 et 700, ce qui rend la maternitĂ© viable. De plus, si l’on trouve les mĂ©decins nĂ©cessaires, Ă  savoir cinq gynĂ©cologues et cinq pĂ©diatres, la maternitĂ© serait maintenue en fonctionnement.

Pour la sauver, la municipalité a décidé de s'adjoindre les services d'un cabinet spécialisé dans la recherche de talents rares, le cabinet BBA, représenté par Serge Bruckmann. 

Lors de la prĂ©sentation de ce plan d'urgence Ă  la presse le 17 juillet, Serge Bruckmann a lui-mĂȘme expliquĂ© les enjeux de cette recherche. "C'est difficile car c'est une profession particuliĂšre qui n'est jamais en demande d'emploi. Il faut donc aller chercher ces talents. Pour cela, il faut notamment s'appuyer sur un rĂ©seau solide. On propose un poste, mais pas seulement : la qualitĂ© de vie, le territoire, la possibilitĂ© d'Ă©voluer dans son mĂ©tier, sont aussi des arguments solides." Serge Bruckmann a affirmĂ© s'impliquer totalement dans cette mission, au motif que la fermeture de la maternitĂ© "aurait des consĂ©quences" : "partout oĂč une maternitĂ© ferme, l'hĂŽpital dĂ©cline". Concernant le rĂ©sultat, le spĂ©cialiste ne promet rien cependant : "C'est toujours tendu. Je ne suis pas sĂ»r du rĂ©sultat. Mais nous avons les outils et l'expĂ©rience pour dire que c'est possible. Notre but est de trouver les talents, mais aussi de les convaincre de signer les contrats et de rester."

Robert Bareille s'est exprimé au nom du Collectif santé. "Le centre de périnatalité qui est proposé est intéressant, mais ne peut pas se substituer à la maternité." Il a rappelé les missions du collectif, informer, mobiliser et rassembler sans cliver, tout en assurant que "ce n'est pas gagné d'avance, mais nous refusons que ce soit perdu d'avance". 

MĂȘme volontĂ© de la part du maire HervĂ© LucbĂ©reilh : d'une part la ville prend en charge les frais liĂ©s Ă  la recherche de talents pour un Ă©tablissement dont l'intĂ©rĂȘt dĂ©passe les frontiĂšres de la commune, et d'autre part, la municipalitĂ© a activĂ© ses rĂ©seaux et a dĂ©jĂ  reçu deux CV de mĂ©decins espagnols intĂ©ressĂ©s. "Le combat est aussi Ă  mener sur le plan national", a ajoutĂ© le maire. 

Et justement, le député Jean Lassalle a affirmé s'inscrire dans ce plan : selon lui, le combat pour la sauvegarde de la maternité est indissociable du maintien du Centre hospitalier. 
Il va entrer en contact avec le Ministre de la santé ainsi qu'avec la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale. Il rencontrera aussi les directions de Pau et d'Oloron afin de jouer son rÎle moral en tant que député et organisera un appel aux parlementaires, d'autant que selon lui, l'approche des Sénatoriales est le bon "moment pour les faire se positionner".