Un plan d'urgence pour sauver la maternité d'Oloron

La Ville a choisi un cabinet spécialisé en recherche de talents pour sauver la maternité d'Oloron Sainte-Marie.

Avec un seul médecin gynécologue et seulement 200 accouchements par an dans notre ville, la maternité est en danger. Or, ce chiffre ne représente que 30% du potentiel car on constate 70% d’évasion vers Pau ou Saint-Palais. Le chiffre réel des naissances issues du territoire se situe entre 600 et 700, ce qui rend la maternité viable. De plus, si l’on trouve les médecins nécessaires, à savoir cinq gynécologues et cinq pédiatres, la maternité serait maintenue en fonctionnement.

Pour la sauver, la municipalité a décidé de s'adjoindre les services d'un cabinet spécialisé dans la recherche de talents rares, le cabinet BBA, représenté par Serge Bruckmann. 

Lors de la présentation de ce plan d'urgence à la presse le 17 juillet, Serge Bruckmann a lui-même expliqué les enjeux de cette recherche. "C'est difficile car c'est une profession particulière qui n'est jamais en demande d'emploi. Il faut donc aller chercher ces talents. Pour cela, il faut notamment s'appuyer sur un réseau solide. On propose un poste, mais pas seulement : la qualité de vie, le territoire, la possibilité d'évoluer dans son métier, sont aussi des arguments solides." Serge Bruckmann a affirmé s'impliquer totalement dans cette mission, au motif que la fermeture de la maternité "aurait des conséquences" : "partout où une maternité ferme, l'hôpital décline". Concernant le résultat, le spécialiste ne promet rien cependant : "C'est toujours tendu. Je ne suis pas sûr du résultat. Mais nous avons les outils et l'expérience pour dire que c'est possible. Notre but est de trouver les talents, mais aussi de les convaincre de signer les contrats et de rester."

Robert Bareille s'est exprimé au nom du Collectif santé. "Le centre de périnatalité qui est proposé est intéressant, mais ne peut pas se substituer à la maternité." Il a rappelé les missions du collectif, informer, mobiliser et rassembler sans cliver, tout en assurant que "ce n'est pas gagné d'avance, mais nous refusons que ce soit perdu d'avance". 

Même volonté de la part du maire Hervé Lucbéreilh : d'une part la ville prend en charge les frais liés à la recherche de talents pour un établissement dont l'intérêt dépasse les frontières de la commune, et d'autre part, la municipalité a activé ses réseaux et a déjà reçu deux CV de médecins espagnols intéressés. "Le combat est aussi à mener sur le plan national", a ajouté le maire. 

Et justement, le député Jean Lassalle a affirmé s'inscrire dans ce plan : selon lui, le combat pour la sauvegarde de la maternité est indissociable du maintien du Centre hospitalier. 
Il va entrer en contact avec le Ministre de la santé ainsi qu'avec la commission des affaires sociales à l'Assemblée nationale. Il rencontrera aussi les directions de Pau et d'Oloron afin de jouer son rôle moral en tant que député et organisera un appel aux parlementaires, d'autant que selon lui, l'approche des Sénatoriales est le bon "moment pour les faire se positionner".