Goran Bregovic en tête d'affiche des Quartiers d'Eté !

Bientôt la 17ème édition des Quartiers d'Eté, ce grand festival culturel éclaté sur deux mois dont Oloron Sainte-Marie a le secret. Si le programme n'est pas encore rendu public, il est temps cependant de donner quelques éléments sur les têtes d'affiches qui seront reçues.

Goran Bregovic sera en concert le lundi 6 août, à 21h, au Jardin Public. Fidèlement à l’esprit des Quartiers d’Eté, il s’agira d’un concert en plein air, gratuit. 

Biographie

Compositeur contemporain, musicien traditionnel ou rock star, Goran Bregovic n'a pas eu à choisir - il lui a suffit de vivre et mêler toutes ces expériences pour inventer une musique à la fois universelle et très personnelle.

Fils d'une mère serbe et d'un père croate, auteur compositeur et leader charismatique de BjeloDugme, son groupe crée en 1975 qui enflammera l’Europe de l’Est pendant 14 ans et 12 albums, Goran Bregovic devient le héros de tous les Yougoslaves.

À la fin des années quatre-vingt, le cinéaste Emir Kusturica, un fan de la première heure, convainc Bregovic de participer à la création de la  musique pour «Le temps des Gitans» qui permet à Goran d'affiner son sens de la dramaturgie musicale et de travailler autour de la musique gitane qui le fascine. La combinaison des images de Kusturica et des notes de Bregovic sublime une histoire poignante et inoubliable.

Suivra «Arizona dream», où Bregovic invite le Parrain du punk rock, Iggy Pop sur quelques chansons de la BO dont le hit « In the Death Car ».

En 1994 dans «La Reine Margot» de Patrice Chereau, la musique de Bregovic allume d'étincelles la destinée d'Isabelle Adjani, mais résonne également comme l'écho du siège en cours à Sarajevo.

Alors que la guerre ravage leur pays, Bregovic et Kusturica collaborent une dernière fois sur «Underground», le film qui obtient la Palme d'Or à Cannes en 1995.

Goran Bregovic décide alors de reprendre la route et crée son Orchestre des Mariages et des Enterrements. Avec cet ensemble, il marie les musiciens/cuivres Gitans avec des percussions orientales, mélange les polyphonies féminines bulgares avec un chœur d'hommes classique, mixe des sections de cordes avec des programmations électroniques. Vêtu de blanc, assis entre son ampli et son ordi, une guitare électrique en bandoulière, Bregovic mène tous les soirs cet équipage bigarré à géométrie variable (de 9 à 19 musiciens, et même jusqu'à 60 parfois).

Depuis plus de vingt ans, Goran Bregovic et son Orchestre des Mariages et des Enterrements ont parcouru tous les continents du monde connu sur une tournée sans fin (jusqu'à présent plus de 3000 concerts).

Sa capacité aiguë à comprendre et assimiler toutes les cultures musicales permet à Bregovic d'intégrer dans sa musique des chants traditionnels (corse, géorgien, bulgare, liturgique...),mais aussi de collaborer avec Shantel le DJ allemand. Son talent sans limites attire des artistes de première classe pour lesquels il compose et produit les albums, comme l'emblématique crooner grec George Dalaras, l'étoile polonaise Kayah, l'icône turque Sezen Aksu.

Bregovic collabore également avec les regrettées divas Cesaria Evora et Ofra Haza, le cultissime Scott Walker.... et en parallèle compose un oratorio «Mon cœur est devenu tolérant» autour des trois religions monothéistes, ou même, comme un clin d'œil à Bizet, propose le premier opéra gitan, "Karmen avec une fin heureuse».

Sorti en 2013, le dernier album de Goran "Champagne for Gypsies" fut l'occasion de collaborer avec les Gipsy Kings, Gogol Bordello, Florin Salam, Stephan Eicher. Cet album a été conçu en réaction à l'extrême pression que les Tsiganes (Roms) connaissent dans toute l'Europe (expulsions de France, d' Italie, attaques physiques en République Tchèque et Hongrie...). Pour Bregovic "Il semble injuste de couvrir des problèmes réels avec des problèmes inventés - Les Tsiganes ne sont pas un problème de ce monde, ils sont le talent de ce monde. Tout le monde est impressionné par les gitans –que ce soit un inconnu qui joue au coin de la rue, ou qu'il s’appelle Charlie Chaplin, Mère Teresa, Elvis Presley ou Django Reinhardt – ils laissent tous une trace dans la culture populaire à travers le monde”.

 

Service rédaction, 22-05-2018 | Publié dans la catégorie Culture