Â« Marie Bartete, matricule 107 » en avant-première au Luxor

"Marie Bartete, matricule 107" est le titre du dernier film de Pierre Mathiote, tourné pour la télévision, qui sera diffusé en début d'année 2020 sur France Télévisions. Les Oloronais auront la chance de découvrir ce film en avant-première et sur grand écran mardi 17 décembre, à 20h30, au cinéma Le Luxor, pour un tarif unique de 3 euros.

Sous le sous-titre « Une vie au bagne », le film raconte l’histoire vraie d’une femme née à Monein en 1863. Condamnée pour de menus larcins, elle fut envoyée au bagne en Guyane à l’âge de 25 ans. Elle y mourut 50 ans plus tard, en 1938, ce qui est extraordinaire quand on connaît le fort taux de mortalité dû aux conditions de survie : l’espérance de vie d’un homme au bagne en Guyane était alors de 6 ans... Marie Bartete fut la dernière femme bagnarde. Albert Londres, dont les travaux conduisirent à l’arrêt du bagne, la rencontra et la cite dans son œuvre. Marie Bartete eut trois enfants dont aucun ne survécut. Un cas loin d’être isolé, puisque de tous les enfants nés au bagne, aucun n’a dépassé un âge avancé : en général, ils mouraient avant leurs 7 ans.

Au-delà de ce destin unique, Pierre Mathiote aborde la loi de 1885 sur la relégation qui envoyait des gens au bagne pour des petits vols commis en récidive.

La réalisation de ce docu-fiction de 52 minutes s’est étalé sur deux ans. En 2017, Pierre Mathiote, producteur et réalisateur de Cinérgie Productions basé à Toulouse, avait posé ses caméras à Monein puis à Oloron Sainte-Marie. Il avait notamment tourné une scène en salle Jean Mendiondou en mairie, et surtout au tribunal d’Oloron. Le tournage s’était ensuite poursuivi en Guyane, à Saint-Laurent du Maroni.

Pendant tout le tournage, le réalisateur a été secondé par Katia Ferré, auteure de l’ouvrage “Marie Bartete, graine de bagnarde”. Elle est originaire de Guyane, son père était médecin de bagnards, sa « nounou » était un bagnard et elle a consacré plusieurs années de sa vie à des recherches sur le destin de Marie Bartete. Des archives supplémentaires ont d’ailleurs été retrouvées en cours de tournage, notamment un courrier qui proposait à Marie Bartete, à l’âge de 50 ans, de revenir en France, ce qu’elle a refusé.

La projection du film au Luxor à Oloron promet d’être un événement. Lors d’une précédente avant-première à Monein, le cinéma a dû refuser une cinquantaine de personnes. Outre qu’il retrace le destin extraordinaire d’une béarnaise, le film permet aussi de voir quelques talents locaux. Une scène est tournée au tribunal d’Oloron, « une scène remarquable au niveau du jeu, aussi bien qu’avec des professionnels », d’après Pierre Mathiote. Lors de cette scène apparaissent Thierry Sagardoytho, avocat de Pau, qui joue le rôle de l’avocat de la défense, Jean-Michel Darteyron qui fut huissier d’audience au tribunal correctionnel de Pau qui joue le juge et Thierry Niogret, animateur à France Bleu Béarn, qui joue le procureur.

 

Service rédaction, 13-12-2019 | Publié dans la catégorie Culture