Un portrait du po√®te Jacques Dyssord offert √† la Ville

La Ville a reçu un don de Gilles DE BELLAING, neveu du poète. Il s'agit d'une huile sur toile représentant Jacques DYSSORD peinte à Paris en 1938 par TURIN, un artiste polonais. Comme convenu par l'intermédiaire de la convention, le tableau est exposé au public au 1er étage de la Maison du Patrimoine, salle des illustres, depuis l'été 2015.

Jacques DYSSORD est un po√®te assimil√© √† l’√©cole Fantaisiste, mais aussi romancier, conteur, critique, dramaturge et chroniqueur natif d’Oloron Sainte-Marie.

De son vrai nom Edouard Jacques Marie Joseph MOREAU de BELLAING, Jacques DYSSORD naquit le 4 janvier 1880 rue Centulle, √† Sainte-Croix, dans une famille aristocratique qui le destinait √† une carri√®re militaire, dans la marine. Le jeune homme obtint sa licence de droit, mais pr√©f√©ra l’√©criture et s’installa √† Paris malgr√© l’opposition familiale.

Tr√®s attach√© √† son B√©arn natal, il commen√ßa √† signer Jacques D’ISSOR, puis adopta d√©finitivement son nom d’auteur Jacques DYSSORD lors de la sortie de son premier recueil de po√©sie. Il fr√©quenta APOLLINAIRE, DEREME, SUPERVIELLE.

Pour vivre, il devint journaliste et collabora √† de nombreuses revues o√Ļ il √©crivit principalement des chroniques litt√©raires et artistiques. Il resta un journaliste appr√©ci√© malgr√© l’opprobre de ses confr√®res suite √† la parution d’un pamphlet contre les hommes de presse “Confr√©rie de la Derni√®re Heure”.

Ses autres √©crits (roman, œuvres historiques, etc.) furent salu√©s par la critique, mais peu lus par le grand public. C’est √† sa po√©sie qu’il dut sa c√©l√©brit√©, √† travers ses trois recueils de po√©sie : “Le dernier chant de l’Intermezzo” (1909), “On frappe √† la porte” (1928), et “Les d√©s sont jet√©s” (1938).

Jacques DYSSORD mena une vie de boh√®me, voyageant, travaillant sans rel√Ęche, jusqu’√† sa rencontre avec Marguerite CLOT dont il adopta le fils William (qui d√©c√©da au camp de Mauthausen en 1944).

Un dossier complet concernant Jacques DYSSORD est disponible au service Patrimoine.

Jacques DYSSORD resta toujours li√© √† Oloron Sainte-Marie et au B√©arn, comme en t√©moignent ces vers d√©di√©s √† Louis DUCLA et intitul√©s “Oloron en presquespagne” :

¬ę Ses moulins te tendent les bras
√Ē cette fi√®vre qui se gagne
Et dont revint Sancho Pança !
Béarn qui te drape déjà
Dans un manteau de corrida
Je t’aime, oubliant tes montagnes,
D’√™tre surtout la Presquespagne.
Elles hésitent, celles-ci
A se convertir à la dure
Des sierras austères si...
Que s’effarent de leur tonsure
Aspe aux aériennes verdures,
Ossau fi√®re de ses p√Ętures,
Sentant, toutes deux, le roussi.
Pour Saint-Jacques-de-Compostelle
Qu’achopp√®rent, c√©ans de bourdons
Et se vis√®rent d’escarcelles !
On dit qu’ici mainte pucelle
Connut ce qu’√©tait bagatelle
- Notre-Dame-du-Cap-de-Pont
Ayez-les en votre pardon ! -
Avant le soleil intraitable
Du pays des corrégidors
O√Ļ fils de bonne m√®re n’h√Ęble,
Auberge et relais secourables,
Béarn, courtois comme une fable,
De Juran√ßon aux treilles d’or
A la majest√© du Somport... ¬Ľ

 

Service r√©daction, 23-02-2016 | Publié dans la catégorie Culture