Agenda

  Agenda - Film Con la pata quebrada - Retourne à tes fourneaux
16
Mars 2018
21h 00
Cinéma Le Luxor
Film Con la pata quebrada - Retourne à tes fourneaux

Film programmé dans le cadre des Ciné-Rencontres "Le cinéma espagnol de la guerre civile à la dictature", présentés par l'association Trait d'Union. Tous les films sont sous-titrés en français.


Con la pata quebrada – Retourne à tes fourneaux

82 mn, Espagne, 2014, documentaire
Réalisé par Diego Galán. Avec Carlos Hipolito

Le titre de ce documentaire divertissant et effrayant est un fragment d’expression populaire : « La mujer honrada y casada en casa con la pata quebrada », la femme honorable et mariée se trouve à la maison, avec la jambe cassée -pour qu’elle ne puisse pas en sortir-. Le général Franco, qui dirigea l’Espagne de 1939 à 1975, était un adepte forcené de la sagesse populaire, dans les dictons de laquelle il trouvait toutes les justifications à sa politique réactionnaire et répressive. Diego Galan, grand cinéphile d’Espagne (journaliste, directeur du festival de Saint-Sébastien, réalisateur...) a réuni sous ce titre des extraits de films réalisés en un demi-siècle, des premiers jours de l’éphémère Seconde République à la démocratisation qui suivit la mort du caudillo… Les premières séquences, qui rassemblent des extraits du cinéma républicain, laissent deviner un pays parcouru de tendances contradictoires, entre hédonisme et militantisme, comédies lestes, dans lesquelles des prédatrices cherchent un beau parti, ou exaltation de la femme au travail. La victoire fasciste relègue les Espagnoles à la maison et les personnages féminins du cinéma aux conditions de femmes perdues
(qui ne trouveront la rédemption que par la mort), de ménagère ou, à la rigueur, de ravissante idiote. En procédant par petites touches, on passe des années de plomb qui ont suivi la guerre à la modernisation des années 1960, avec l’irruption d’un humour égrillard, inspiré du cinéma coquin italien. Mine de rien, « Con la pata quebrada » montre comment le totalitarisme mou du franquisme finissant a procuré au pays l’illusion de la modernité, tout en empêchant les évolutions qui transformaient le reste de l’Europe. Article du journal « Le Monde ».