Histoire et Patrimoine

La ville au fil des siècles
Iluro est à la fois un toponyme ibérique que l’on retrouve de part et d’autre des Pyrénées mais aussi un nom de divinité comme le prouve une stèle votive romaine.

La fondation antique : Iluro

Durant l’Antiquité, Iluro se développe de part et d’autre du gave d’Aspe. La partie résidentielle se trouve dès le Ier siècle sur la rive gauche alors qu’un oppidum doté d’une enceinte fortifiée se dresse à partir du IVe siècle sur la colline, rive droite. Sa situation sur la voie romaine reliant Dax à Saragosse, lui confère une position commerciale stratégique. En 506, sous le règne d’Alaric, roi des Wisigoths, Gratus, le premier évêque connu d’Iluro, assiste au fameux Concile d’Agde.

La ville du vicomte et la ville de l’évêque

En 1058, l’évêque Etienne de Lavedan s’installe sur la terrasse alluviale où se trouvait la zone d’habitat gallo-romain. Une chapelle dédiée à la Vierge s’y dresse alors mais une cathédrale la remplace dès le XIIe siècle. Au XIIIe siècle, l’évêque devient seigneur de Sainte-Marie après être intervenu auprès du pape en faveur du vicomte Gaston VI Moncade qui avait été excommunié pendant la crise Cathare. 
En 1080, le vicomte Centulle V restaure les murailles romaines et fonde la cité d’Oloron qui sert de base pour la reconquête de l’Aragon alors occupé par les Musulmans. Sa charte de « poblacion » permet notamment aux habitants d’Oloron d’accueillir des activités commerciales (marchés, foires…).

Les transformations de l’époque classique

Au XVIIIe siècle, l’organisation cléricale, longtemps perturbée à cause des Guerres de Religion entre Catholiques et Protestants, est reprise en main par trois évêques issus de la même famille : Joseph de Révol, Jean-François Chastelard de Montillet et François de Révol. On leur doit plusieurs restaurations et constructions : la cathédrale, l'ancien séminaire et l'église Saint-Pierre. Parallèlement, le développement de l’artisanat puis de l’industrie textile dont le commerce se fait régulièrement avec l’Espagne, permet aux intendants royaux de justifier l’aménagement de meilleures voies de communication à Oloron et Sainte-Marie.

La réunion d’Oloron et de Sainte-Marie : l’essor de la ville

La Révolution causa peu de destructions et l’importance administrative d’Oloron est reconnue par l’octroi du statut de sous-préfecture. Toutefois, la ville perd son évêché au profit de Bayonne.
Rivales durant huit siècles, il faut attendre le 18 Mai 1858 pour que l’impératrice régente Eugénie impose la réunion d’Oloron et de Sainte-Marie, recréant ainsi l’unité originelle d’Iluro. L’organisation de l’agglomération nécessite notamment la construction d’un hôtel de Ville dans le quartier actuel de Notre-Dame.